Le 7 janvier 2026
- Réalisateur : Béla Tarr
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L’intransigeant cinéaste hongrois, auteur d’une œuvre peu abondante mais d’une grande richesse stylistique et thématique, est décédé le 6 janvier 2026 à l’âge de 70 ans.
News : Avant lui, il y avait Bresson, Oliveira, Tarkovski, Jancsó, les Straub, Angelopoulos, Chantal Akerman… Après lui, on aura eu le choc d’un Lav Diaz. Béla Tarr était peut-être encore plus radical et intransigeant que ces auteurs, et son cinéma ne reste encore connu que d’une poignée de fans, malgré sa présence dans de prestigieux festivals et l’accompagnement du distributeur Carlotta. On a découvert le cinéaste hongrois à la Quinzaine des Réalisateurs 2000 avec Les harmonies Werckmeister, d’après le roman de son compatriote László Krasznahorkai. D’un noir et blanc austère, le long métrage décrivait la perte d’identité d’une petite ville hongroise. Des plans fixes très longs, un épurement dramatique, une connotation de mysticisme : l’art de Béla Tarr a impressionné par son absence de concessions et la sincérité de sa démarche. Le réalisateur avait auparavant signé des films majeurs comme Nid familial (1979), Almanach d’automne (1984), Damnation (1988) et surtout Le tango de Satan, ou Sátántangó : dans cette œuvre fleuve de plus de sept heures, Béla Tarr se frottait au thème de l’effondrement du communisme en Europe de l’Est.
Mais Béla Tarr ne se remit jamais vraiment du mauvais accueil réservé, lors de sa présentation en compétition officielle au Festival de Cannes 2007, à L’homme de Londres. Cette adaptation de Simenon, d’une noirceur et d’une lenteur rarement atteintes en même temps au grand écran, suscita le rejet du public, et les sifflets de la presse internationale. Le film devra attendre plus d’un an une sortie en salle qui se solda par un échec sans appel. Béla Tarr rebondit malgré tout avec Le cheval de Turin, Ours d’argent au Festival de Berlin 2011. Cette œuvre rugueuse et minimaliste, coécrite par Krasznahorkai, relevait toujours d’un cinéma radical mais reste l’une des plus accessibles de Béla Tarr. La beauté de la photographie, l’envoutement musical et l’agencement de plans magistraux en font tout le prix. Le cinéaste renonça aux tournages de cinéma après ce film et se consacra à l’enseignement. Sans doute faudrait-il redécouvrir l’ensemble de l’œuvre d’un réalisateur majeur qui ne laissait pas indifférent.
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