Le 18 janvier 2026
- Scénariste : Solenn Bardet>
- Dessinateur : Marion Chancerel
- Genre : Récit de vie, Famille, Femme
- Editeur : Pictavita
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 7 janvier 2026
En donnant voix aux marâtres d’aujourd’hui, ce livre met en lumière les équilibres fragiles des familles recomposées.
Résumé : Gwenn a rencontré un homme qu’elle aime. Peu de temps après cette rencontre, elle doit changer de logement. Samuel, l’homme en question lui propose de venir s’installer avec lui…. et sa fille. Une perspective à la fois séduisante et effrayante pour Gwenn qui vit seule sans enfant. En quête de conseils elle décide de réunir dans son salon une assemblée de femmes qui vivent ou ont vécu ce rôle de belles-mères. À travers leurs récits, se dévoilent des situations complexes, souvent éprouvantes sans pour autant être dénuée de moments heureux. Toutes montrent combien il est difficile de trouver sa place auprès des enfants de l’autre — ou même auprès des siens dans ces nouvelles configurations — et combien il faut apprendre à jongler avec les attentes, les émotions et les équilibres familiaux.
Critique : Le terme « marâtre » souffre aujourd’hui d’une connotation péjorative héritée du Moyen Âge. À l’origine, pourtant, il désignait simplement la nouvelle compagne du père. On lui préfère désormais « belle-mère », un mot plus valorisant mais aussi plus polysémique. En choisissant de réhabiliter le mot marâtre, les autrices lui donnent quasiment une dimension militante/partisane.

- Chères marâtres - page 16
- Tous droits de reproduction réservés © 2026 / Chancerel, Bardet, Pictavita.
Quand Aristophane réunissait une assemblée de femmes pour parler de démocratie, Solenn Bardet rassemble, elle, des marâtres pour parler des familles recomposées et de leurs vécus. À travers cet album, nous découvrons que cette réalité sociale de plus en plus commune dans notre société continue pourtant de se heurter au modèle dominant de la famille traditionnelle et patriarcale.

- Chères marâtres - page 17
Ce n’est pas la première fois que Solenn Bardet, la scénariste de Chères Marâtres, collabore avec la maison La Boîte à Bulles devenue tout récemment Pictavita [1]. En 2017, elle y publiait Rouge Himba, une bande dessinée illustrée par Simon Hureau, dans laquelle elle racontait son immersion auprès du peuple Himba et son engagement à leurs côtés.
Dans cette nouvelle bande dessinée, Solenn Bardet s’empare donc d’une autre cause, celle des marâtres. En revenant au sens premier du terme, elle espère offrir un regard renouvelé sur les belles-mères, leur implication, mais aussi la difficulté de trouver leur place dans une famille recomposée. Après avoir rencontré plus d’une vingtaine de femmes, Elle a retenu 8 témoignages dont elle s’inspire fidèlement pour composer un récit choral, elle y met probablement aussi un peu de son vécu, car comme elle le présente en préface, elle est elle-même, marâtre.

- Chères marâtres - page 21
- Tous droits de reproduction réservés © 2026 / Chancerel, Bardet, Pictavita.
Chaque témoignage s’inscrit dans la conversation collective de ces femmes réunies dans le salon de Gwenn. Leurs paroles rebondissent les unes sur les autres, révélant la diversité des expériences de familles recomposées. Le dernier récit, celui d’une femme ayant été marâtre dans deux contextes très différents, se révèle particulièrement éclairant.
Une question revient sans cesse dans la conversation « Et ton homme, le père que fait-il, comment a-t-il réagi ? ». Son comportement est souvent critiqué. Si cette interrogation est légitime, le fait qu’aucun homme ne prend la parole dans ce récit peut sembler plus problématique. Mais c’est un choix assumé de l’autrice, qui souhaite donner toute la place à l’expérience féminine. Après cette lecture, on aimerait toutefois entendre également la voix des enfants et celle des pères.

- Chères marâtres - page 25
- Tous droits de reproduction réservés © 2026 / Chancerel, Bardet, Pictavita.
L’album fait réfléchir et parvient également à faire sourire. Le scénario est bien construit. Il joue parfois un peu avec les codes du mélodrame sans jamais tomber dans la caricature. Et puis le travail de la dessinatrice Marion Chancerel est à saluer. Son trait est vif, bref et dynamique. Ses dessins possèdent une efficacité narrative incontestable. En un seul dessin, elle parvient à rendre palpable l’électricité d’un repas partagé ou le brouillage des sentiments qui traverse ces femmes. Elle sait aussi introduire de l’humour dans des situations délicates. Enfin, malgré la densité des témoignages, les dialogues restent toujours justes et jamais verbeux.
Finalement, Gwenn réussit-elle à prendre une décision ? Et nous lecteurs.rices que retiendrons nous de cette lecture ? Voilà, un livre à faire circuler entre parents et ados, au sein des couples de ces familles recomposées pour ouvrir le dialogue, faire parler et réagir !
128 pages – 22 €
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Galerie Photos
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