Le 18 février 2026
- Scénariste : Charlotte Gosselin>
- Dessinateur : Charlotte Gosselin
- Genre : Québec, Couple, Codépendance, Addiction
- Editeur : Éditions Pow Pow
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 23 janvier 2026
Un couple. Quand l’un tente de guérir de l’alcool, comment l’autre continue-t il de tenir debout ? Un récit singulier d’une sensibilité vive et douloureuse.
Résumé : Quand c’est l’autre qui vacille, comment continuer à se percevoir soi-même comme une personne à part entière ? Vivre aux côtés de quelqu’un prisonnier de l’alcool, d’une substance ou d’un comportement addictif est, en soi, une épreuve. Mais lorsque vient enfin le moment de tenter de guérir, que se passe t il pour celui qui reste à l’extérieur : hors de l’institution, hors du parcours de rétablissement ? C’est autour de cette question que se construit cet ouvrage. Le récit d’un couple où l’un cherche à s’extraire de l’alcoolisme tandis que l’autre se retrouve face à elle-même, observant la glace se fissurer autour d’une relation où la dépendance s’est insidieusement infiltrée.
Critique : La glace part en morceaux est le deuxième album graphique de Charlotte Gosselin, une autrice québécoise qui est venue peu à peu à la bande dessinée. De résidence en résidence, elle a fait de la bande dessinée son espace de création. Son précédent album aborde la question mentale, celui-ci aborde celui de la dépendance et de la codépendance dans un couple.
Ce récit intime est écrit à la première personne propose une histoire écrite au présent, dans un pays où il fait froid, mais sans exactement savoir où. Saurait-on deviner si l’histoire est celle de l’autrice ? Peut-être. Ce récit est avant tout un récit de l’intérieur, des conflits et douleurs intimes. Un récit où c’est le ressenti qui prime. Celui du personnage, une femme à l’allure androgyne qui ne porte pas de nom a conduit celle ou celui qui l’aime, le genre est subtilement dissimulé pour peut-être se centrer moi sur la personne qui est entré en centre de désintoxifixation que sur l’autre. Cette femme qui désormais se retrouve seule. Seule parmi les lieux habités par eux deux, seule avec les souvenirs, les gestes du contrôle devenus obsessionnels, seule avec la comptabilité des excès, des abus de l’autre pris par la boisson.

- La glace part en morceaux – Page 7.
- Tous droits de reproduction réservés © PowPow, 2026, Charlotte Gosselin.
Quitter les lieux, pour se retrouver. Habiter quelque temps chez des amis, être dans un entre deux et sentir le poids de la culpabilité, appréhender la solitude. Souffrir de l’absence et en même temps s’en sentir soulagée, se rendre compte de sa dépendance amoureuse et questionner les liens qui l’unissent à l’autre moitié de ce couple qui lutte de son côté pour s’affranchir de l’alcool. Mais elle, est-elle libre, peut-elle s’autoriser à se désunir ?
Les sentiments contradictoires se mêlent, elle navigue entre tristesse, amour, déception, colère et culpabilité, comme par exemple, le ressentiment de voir l’autre aller vers le mieux alors qu’elle, elle souffre encore. Hésiter devant les lendemains, alors que petit à petit, la glace qui a figé cet amour semble partir en morceau.

- La glace part en morceaux – Page 15.
- Tous droits de reproduction réservés © PowPow, 2026, Charlotte Gosselin.
Ce récit ultrasensible prend la forme d’un récit graphique entièrement réalisé au crayon de papier. Le trait est par moments très sec parfois cassant, avant de devenir plus légers ou plus rond. L’ensemble est à la fois fragile et violenté. Nous semblons être face à un carnet, ou morceau par morceau, le dialogue intérieur de la narratrice trouve une voie d’expression par le dessin. Les mots se mêlent aux formes, s’embrouillent avec le visible. Nous voyons ce que les yeux de la narratrice regardent. Plusieurs fois, nous sommes avec elle, à ras du sol sur un parquet fait de lattes denses, sombres. D’autres fois, nous sommes dans un cercle de parole, les yeux s’accrochant aux mains des participants, peut-être pour ne pas oser affronter leurs regards ?
La narratrice appréhende sa solitude contenue dans une relation qui la retient, la contraint, l’interroge. Les pages se succèdent, sans réelles notions de temps…Mais les sentiments évoluent.

- La glace part en morceaux – Page 8.
- Tous droits de reproduction réservés © PowPow, 2026, Charlotte Gosselin.
Dans cet album, les ratures ne sont pas éludées. Elles sont là, comme les traces d’hésitations, de soubresauts sentimentaux, les visages sont parfois gommés laissant les lecteu.rices devant une béance interrogative. Et puis, à certains moments, c’est le blanc muet de la page qui domine…pour traduire quoi ? Le vide, l’étourdissement, peut-être aussi l’éclaircissement...

- La glace part en morceaux – Page 26.
- Tous droits de reproduction réservés © PowPow, 2026, Charlotte Gosselin.
Quand la glace part en morceaux qu’est ce qui fait surface ? Quelle est la douleur de celui qui voit l’autre se libérer et se demander alors quelle est sa place à ses côtés ? Qui sont-ils désormais ces deux personnes qui se sont aimées si l’un prend le chemin de la guérison, l’autre peut-il rester indemne ?
Un album remarquable, éditée de manière soignée par la maison d’édition québécoise Pow Pow et maintenant accessible chez les libraires français depuis janvier 2026.
300 pages –22,95 €
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