Le 23 décembre 2025
- Scénariste : Alexandre Fontaine Rousseau>
- Dessinateur : Xavier Cadieux
- Genre : Humour, Québec, Folklore
- Editeur : Éditions Pow Pow
- Famille : Roman graphique
- Reprise: 17 octobre 2025
Un duo d’auteurs québécois qui récidive pour un nouvel album plein d’humour avec une histoire complétement déjantée inspirée du folklore du Québec ! Accrochez-vous on vole au-dessus des clochers en sacré compagnie !
Résumé : Satan et ses compagnons diaboliques ont commencé à pactiser avec des humains. Ensemble, ils se sont mis à faire des concours de canots volants au-dessus des bourgs auparavant paisible et pieux du Québec. Tout part en désordre, à tel point que le pape décide d’envoyer l’un de ses meilleurs agents en mission, Leo Benedictus Julius Agapet. Cet envoyé pontifical a pour but de s’infiltrer parmi les hérétiques et de faire la lumière sur la situation pour trouver une solution d’un retour à la normale. Ce jeune agent secret parvient à intégrer une des équipe, celle de Corbella Diesel, une sorcière qui a de la gouaille, bien décidée à remporter la course et obtenir la somme d’argent promis au vainqueur pour finir sa vie tranquille dans une cabane en Gaspésie. L’agent joue si bien son jeu qu’il prend goût à ces canots volants… mais comment cette histoire va finir ? Telle est la mission de deux créateurs de bande dessinée que l’on croise au début de l’histoire : ils doivent trouver une fin à cette histoire épique, diabolique et drolatique ! Une mise en abîme du travail d’auteurs de bande dessinée doublé par une incarnation de la narration sous la forme d’un castor ! I Une lecture aussi sucrée que le sirop d’érable et qui en devient enivrante si on le consomme sans modération ! Attention, ça dépote !
Les canots de Satan est imaginé par un duo d’auteur aux idées farfelues. Leur première collaboration chez Pow Pow en 2020, pour La Pitoune et la poutine était déjà un détournement un peu barjo d’une figure du folklore québécois, Jos Montferrand et d’un plat traditionnel. Alexandre Fontaine Rousseau et Xavier Cadieux font d’ailleurs référence dans les premières pages de leur nouvel album à cette histoire ! Plus qu’un clin d’œil, c’est un premier détail qui nous plonge dans ce qui fait l’originalité de cet album. Les canots de Satan est à la fois une bande dessinée et une méta-bande dessinée. Expliquons-nous.

- Les Canots de Satan – p.22
- Tous droits de reproduction réservés © 2025, Fontaine Rousseau, Cadieux / Pow Pow.
Les deux auteurs se mettent en scène dans l’avant-propos de la bande dessinée. Celle-ci commence en effet avec un duo d’auteurs en mal d’inspiration. Mais voilà que quelqu’un toque à leur porte, Satan, en personne ! Il leur intime l’ordre de faire une histoire dans laquelle il aurait lui et ses diableries le premier rôle, car il trouve qu’aujourd’hui, on ne parle plus beaucoup de lui. La présence directe des créateurs des canots de Satan ne s’arrête pas à cette introduction. Ils font faire partie intégrante du récit qu’ils nous dévoilent au fil des pages. Ils sont des éléments intégrants de cette bande dessinée sans non plus être inclus dans la fiction qu’ils se chargent de raconter. C’est malin - c’est le cas de le dire - et ça fonctionne très bien ! Les auteurs s’amusent aussi à rendre vivante la voix off de la bande dessinée. Au lieu des traditionnelles cartouches de texte, ce discours off est incarné par un castor, qui en plus d’être la voix off, prend lui aussi part au récit de la fiction racontée par les auteurs ! Ces procédés rendent le récit d’autant plus savoureux qu’il est frappé et bien dégommant.

- Les Canots de Satan – p.41
- Tous droits de reproduction réservés © 2025, Fontaine Rousseau, Cadieux / Pow Pow.
Léo Benedictus Julius Agapet a pour mission de comprendre ce qui se trame au Québec. Arrivé sur place, il décide d’aller dans un bar fréquenté par des hommes et femmes qui ont pactisé avec le Diable. Ces pactes sont devenus tellement monnaie courante qu’ils ont semé la pagaille dans cette contrée québécoise réputée comme bigote et tranquille. Notre envoyé du pape, jeune homme fringuant et intrépide, réussit, grâce à une descente hors norme de sirop d’érable à impressionner Corbella Diesel, « une flibustière spécialisée dans la revente de cierge de contrebande ». Cette dernière participe aux courses de canots volants. Ah oui, il faut préciser d’où sort cette histoire de canots volants. En fait, les hommes et femmes qui ont fait pacte avec les diables et démons ont pris l’habitude de s’affronter lors de courses en canots volants où tous les coups sont permis, même ceux qui conduisent à la mort des rivaux. Léo Benedictus Julius Agapet se retrouve donc sur le canot de Corbella et participe avec elle à une première course dont ils sortent vainqueurs grâce à un coup décisif de Léo. Entre Corbella et lui, l’entente se fait et l’estime réciproque s’installe. Ils ont déjà en tête la préparation de la grande course annuelle dont le vainqueur ressort avec un pactole sonnant et trébuchant. Léo Benedictus n’en oublie pas pour autant sa mission et se rend un soir dans une église désertée devenu pour ceux qui le savent le laboratoire secret des techniques catholiques. Il en ressort avec toute une panoplie d’armes religieuses secrètes, aussi loufoques qu’incongrues. Il en fera pourtant usage, mais pour quelle cause ? Aux lecteur.rices de le découvrir... Et aux deux auteurs de trouver la fin…Et oui, ils sont toujours là et en prime avec une liste d’idées proposée par Satan …. Sauront-ils l’utiliser et leur récit conviendra-t-il au chef des ténèbres ? Vous le saurez en allant jusqu’au but de l’histoire !

- Les Canots de Satan – p.124
- Tous droits de reproduction réservés © 2025, Fontaine Rousseau, Cadieux / Pow Pow.
Cette histoire complètement dingo s’inspire d’une légende québécoise, la Chasse-Galerie d’Honoré Beaugrand. Cette légende met en scène des bucherons qui, le soir du réveillon, n’ont qu’une seule envie : retrouver leurs blondes qui se trouvent trop loin d’eux. Pour ce faire, ils pactisent avec le diable afin d’exaucer leur souhait, tout en étant de retour au travail le lendemain. Ils doivent pour cela participer à la chasse-Galerie, et leurs canots s’envolent dans les airs... Alexandre Fontaine Rousseau et Xavier Cadieux la remette au gout du jouer en y intégrant aussi des références a des classiques de notre culture contemporaine, comme un certain Mario Kart par exemple.

- Les Canots de Satan – p.34
- Tous droits de reproduction réservés © 2025, Fontaine Rousseau, Cadieux / Pow Pow.
Cette histoire est aussi truffée d’expressions québécoises savoureuses ! Logique, direz-vous, elle est écrite par des québécois… Les premières pages peuvent être un peu obscures pour un Français non habitué à cette langue francophone mais au fur et à mesure nous nous y habituons et cela donne d’autant plus de piquant et d’humour au récit ! Le dessin de Xavier Cadieux est très enlevé. Un dessin en noir et blanc avec par ci et par là quelque aplats de noirs. Son trait est sacrement dynamique, dépouillé, mais aussi un peu grotesque. Son imagination créative donne vie sur le papier à tout une série de diablotins aussi loufoques que grinçants. Les personnages ont des looks bien trouvés qui permettent de les reconnaître facilement parmi la foule de personnages figurants. Il sait aussi jouer avec les proportions et invente un univers fantastique et rustique en usant encore une fois de détournement de quelques topiques québécois, comme les cabanes de trappeur ou la vie souterraine pendant les longs hivers du nord.
Bref, cet album est un condensé d’humour démoniaque et aussi, sans y paraître, une démonstration magistrale du potentiel créatif et ludique de la bande dessinée ! On en redemande déjà !
300 pages – 27 €
La chronique vous a plu ? Achetez l'œuvre chez nos partenaires !
Galerie Photos
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.













































