Le 7 mars 2026
- Scénariste : Alex Jordanov>
- Dessinateur : Ké Clero
- Genre : Document, Musique
- Editeur : Glénat
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 11 février 2026
Un album pépite pour les amateurs de hip-hop vintage, issu du témoignage d’Alex Jordanove, co-fondateur du premier club à diffuser cette musique à Los Angeles
Résumé : Ingénieur passionné de rap, Alex Jordanov s’installe à Los Angeles, où il décide – avec les moyens du bord – d’ouvrir une boîte de nuit. Le jeune français s’associe pour cela à K.K Barret et Ice-T, pionnier du gangsta rap mais encore inconnu à l’époque. Baptisée The Radio, la boîte de nuit ouvre en 1982 et produit en live des artistes de la scène hip-hop, leur offrant un public et un espace d’expression totalement inédit. Le succès est au rendez-vous : l’espace est fréquenté aussi bien par le Tout-Hollywood que par les gangs de la ville. Des artistes majeurs se produisent dans le Club Radio, à l’image de Dre Dre et Madonna. Mais rien n’est simple dans le Los Angeles des années 1980, ville bouillante de vie mais également rongée par la criminalité et la corruption. Ainsi, Alex Jordanov est rapidement confronté aux problèmes provoqué par le succès…
Critique : Dessiné à partir des souvenirs d’Alex Jordanov, Radio Club est le récit « officiel et autorisé » – comme le dit Ice-T dans une très courte préface – de l’aventure du premier club de hip-hop West Coast. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il s’agit d’une sacré épopée, portée par des jeunes gens tout juste sortis de l’adolescence. Alex Jordanov le souligne parfaitement dans l’interview publiée en postface de l’album : « C’est deux adolescents livrés à eux-mêmes sans famille, sans le sou, sur le canapé pourri d’un garage. Dans un pays impitoyable. L’un dit “Je veux faire ça”. Et l’autre lui dit “OK, je le fais avec toi”. C’est une énergie qui s’est propagée comme une traînée de poudre à tous les autres. On naviguait à vue, on a navigué à vue tout le long ». Tout est à la fois précaire et génial dans l’aventure racontée par Jordanov : le local, un vieux théâtre au propriétaire pingre et aigri ; l’ambiance totalement foutraque, avec l’appartement d’Alex Jordanov constamment squatté par les uns et les autres ; les rapports avec la police locale, corrompue et intéressée par le succès du club. Alex Jordanov ne fait pas l’impasse sur les étroits entre musique et criminalité. Porté par un esprit d’indépendance et de revanche sociale, Ice-T fait des casses pour se faire de l’argent avec la complicité d’Alex Jordanov, ce qui finit par mal tourner. Mais tout dans cette aventure témoigne d’un incroyable énergie.

- © Alex Jordanov, Ké Clero / Glénat
L’histoire du Radio Club est également celle d’une solide amitié entre Jordanov, Ice-T et K.K Barret, et celle d’une volonté de faire vivre la musique rap hors des circuits conventionnels. À cet égard, l’engagement d’Ice-T pour conserver la propriété de ses morceaux est emblématique d’une autre manière de concevoir la musique. Cette amitié survit aux épreuves, à commencer par les rapports au succès et à la police. À cet égard, Alex Jordanov évite de tomber dans l’angélisme ou la nostalgie d’une prétendue « époque dorée ». Son personnage doute, déprime parfois, et se retrouve même en prison pour son implication dans un vol, avec toutes les difficultés que l’on associe à la vie en prison dans le L.A. des années 80…
Le dessinateur Ké Kléro parvient à saisir l’ambiance de la mégapole, avec un trait souple et fin. L’album propose une reconstitution réaliste de la ville et des personnages. Le dessin ne tombe pas dans l’ambiance fantasmée de la ville, avec Hollywood, ses plages et ses palmiers, et conserve l’essence urbaine et l’articulation autour des pavillons, reliés par des routes et la voiture individuelle. Ké Kléro reconnaît dans la postface avoir mené un ample travail de documentation « sur Google Street View ». Le rendu s’avère pleinement convaincant.

- © Alex Jordanov, Ké Clero / Glénat
Alex Jordanov partage ses souvenirs dans un album qui retranscrit toute l’énergie du rap made in L.A. des années 1980. Amateurs de hip-hop américain, foncez découvrir Radio Club.
144 pages – 25 €
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Galerie photos
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