Le 23 décembre 2025
- Dessinateur : Ismaël Legrand
- Genre : Aventure, Fantasy
- Editeur : Delcourt
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 12 novembre 2025
Une aventure de dark fantasy dans une tonalité épique et tragique bluffante
Résumé : Dans un monde de nuit et de spectres, un guerrier solitaire semble errer dans une quête dans fin. Ailleurs, une inquisitrice et son capitaine mènent une traque contre un complot démoniaque menaçant l’intégrité de la réalité...
Critique : Dès lors que le terme Inquisition apparaît, le lecteur/spectateur/joueur sait qu’il va avoir droit à une histoire sombre, où l’humanité apparaît à sa limite, et par essence qu’il soit du bon côté ou du mauvais de la justice. Deathbringer n’échappe pas à la règle, mais conduit sur un double tableau son scénario de dark fantasy. Jonglant entre deux personnages que l’on sent liés, il cherche tout d’abord à perdre le lecteur en navigant dans des flash-back de l’héroïne, sans que l’on sache si le héros est appartient à un passé encore plus lointain ou un futur évitable. Finalement, ce sont des pans et des plans de réalité qui se juxtaposent, ajoutant au côté horreur une dimension épique bienvenue, un relent de fin du monde tragique qui donne une force considérable à l’album, là où les trahisons humaines et les intrigues de pouvoir le laissait un peu en dessous de sagas plus volumineuses comme le Sorceleur ou Les Chevauche-Brumes, afin de pouvoir se hisser à leur niveau. Tous imparfaits, les personnages sont d’autant plus charismatiques qu’ils cherchent quasiment tous à survivre plus qu’à s’élever dans la hiérarchie, floutant les limites du Bien et du Mal afin de conserver le suspense jusqu’au bout sur qui devait gagner ou non.
© Delcourt / Legrand
Comme toujours inspirant, le côté dark fantasy est ici sublimé par le noir et blanc d’un Ismaël Legrand qui n’a pas volé son nom. Dans la lignée des Armées du Conquérant de Gal ou de Berserk de Miura, le style bichrome impose une solidité à tous les niveaux : décors, personnages, combats (finalement assez rares) sont mis en valeur, sans oublier la touche d’érotisme malsain (possession, viol...) qui fait aussi partie du genre... Le contraste est utilisé jusqu’au bout, avec un noir absolu qui semble engloutir certaines planches tant il l’emporte sur le blanc. Les traits sont propres, nets, dégageant une impression de maîtrise graphique d’un univers médiéval d’un côté, et d’une réalité démoniaque de l’autre.
© Delcourt / Legrand
Impeccable dans son approche graphique osée et dans son scénario au rythme croisé, Deathbringer évoque à la fois une dark fantasy ancienne et moderne, jouant sur des concepts déjà utilisés pour les renouveler, sans les épuiser, preuve que chacun peut encore et toujours apporter une pierre à un édifice infini.
200 pages – 25,50 €
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Galerie photos
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