Le 21 janvier 2026
La Fédération Nationale des Éditeurs de Films (FNEF) organisait sa traditionnelle conférence de début d’année au cinéma parisien du Panthéon, mardi 20 janvier 2026.
News : Ce traditionnel rendez-vous était attendu et nécessaire après une année 2025 moribonde pour le box-office, où 157 millions d’entrées ont été recensées, contre plus de 180 millions en 2023 et 2024. Une perte significative qui s’explique principalement par un manque de films événements, hormis lors du mois de décembre où se sont enchaînées des œuvres comme Zootopie 2, Avatar : De Feu et de Cendres ou La femme de ménage.
Pour autant, l’année 2025 aura été porteuse d’espoir comme l’a rappelé Éric Marti, directeur de l’institut d’études Comscore, puisque l’appétit de cinéma semble demeuré intact auprès des cinéphiles, comme en témoignent les records d’entrées qu’ont pu connaître de nombreux distributeurs indépendants. « La différence s’est faite sur les dix premiers films du box-office qui ont été plus performants en 2023 et 2024 qu’en 2025. Mais si on se concentre sur tous les films suivants, on s’aperçoit que le niveau d’entrées est presque similaire. La France dispose toujours d’une appétence forte pour le cinéma et celle-ci ne faiblit pas ».
Si la part de marché des films français a baissé au cours des derniers mois, puisqu’aucune œuvre hexagonale récente n’a connu les triomphes similaires à ceux d’ Un p’tit truc en plus ou du Comte de Monte-Cristo en 2024, la part de marché du cinéma américain n’a pas augmenté non plus en raison de l’étalement des sorties de films dans le temps suite aux grèves hollywoodiennes et aux incendies qui ont embrasé la Californie. En revanche, grand motif d’espoir, la part de marché du cinéma art et essai n’a jamais été aussi haute depuis 2019, avec 28,6 %, soit 45 millions d’entrées. Preuve de l’appétence du public français pour des films variés et de qualité. « C’est la diversité des films qui permet au public de se déplacer en nombre, a rappelé Éric Marti. Et la programmation de 2026 semble aller dans ce sens, avec une densité de sorties, de semaine en semaine, que l’on n’avait pas connu ces deux dernières années ».
La bataille de l’attention
Autre thématique de la matinée : le distributeur Christophe Courtois (SND) a dévoilé une étude autour des bouleversements sociologiques auxquels l’industrie du cinéma est aujourd’hui confrontée puisque 5,8 milliards d’être humains sont désormais connectés et sollicités en permanence par un flux d’images continus sur différents supports. À tel point que le cinéma peut être perçu comme obsolète ou, en tout cas, comme un diffuseur parmi d’autres. Pour autant, les motifs d’espoirs sont nombreux pour Christophe Courtois puisque 40 millions de Français ont découvert un film dans une salle de cinéma l’année dernière. « Les Français viennent toujours au cinéma. Ils y viennent juste moins souvent. Si l’offre de films est ambitieuse, alors ils se déplacent plus régulièrement. C’est un médium qui possède ses propres avantages compétitifs et qui conserve une capacité d’attraction folle. Rendez-vous compte que plus d’un tiers des enfants âgés de 3 à 14 ans ont vu Zootopie 2. Quel autre art dispose d’une telle résonance culturelle et médiatique ? C’est une machine à créer des souvenirs et de la cohésion sociale. Alors, arrêtons de comparer le box-office à celui d’une époque révolue, où il n’y avait ni plateformes, ni réseaux sociaux. Même si ces nouveaux paramètres nous obligent à redoubler de vigilance pour que nos œuvres ne soient pas invisibilisées et restent identifiées par un large public. Ayons bien conscience que nos bandes-annonces sont noyées dans un flux continu entre une news sur l’Iran, une autre sur Trump et le Groenland, et une publicité Intermarché. Dans ce contexte, à nous d’être des moteurs de changements stratégiques dans nos sorties de films. Et ces derniers doivent rester innovants, inventifs ».
Les paroles du président du CNC, Gaëtan Bruel, allaient également dans ce sens : « Dans un monde où le cinéma n’est plus en concurrence avec le streaming, mais avec une abondance de contenus en ligne, il demeure son meilleur et son propre antidote, en ne misant jamais sur la surenchère, mais sur la singularité des œuvres. C’est ainsi qu’il reste attractif ».
Les talents de demain
Dans cette quête d’innovation et de renouvellement des récits afin que le cinéma d’aujourd’hui et de demain puisse demeurer attrayant, les éditeurs n’oublient jamais de miser sur de nouveaux talents, en soutenant régulièrement des premiers films. C’est ce qu’ont rappelé Laurence Gachet (Paname Distribution), Mathieu Robinet (Tandem) et Vladimir Kokh (KMBO). Des distributeurs qui se donnent pour mission d’aider au renouvellement des imaginaires : « C’est ainsi que l’on peut conquérir de nouveaux spectateurs, en explorant de nouveaux récits, de nouveaux territoires, comme ont pu le faire récemment des films comme Zion ou Vingt Dieux. Les premiers films sont aussi l’occasion de réinventer certains genres cinématographiques comme la science-fiction avec Le visiteur du futur, l’horreur avec Vermines, ou encore la comédie musicale avec Partir un jour. Ce jeune cinéma permet aussi d’investir des sujets de société importants, comme les violences policières dans Les misérables. Nos prises de risques sont nécessaires car elles nous permettent d’attirer de nouveaux spectateurs vers le cinéma d’auteur. Cela suppose aussi de miser sur un temps long. Des cinéastes comme Oliver Laxe ou Boris Lojkine ont connu des résultats mitigés voire complexes avant de triompher avec Sirāt et L’histoire de Souleymane ».
Une démarche qui s’inscrit dans les mots prononcés par le président de la FNEF, Victor Hadida, en préambule de cette conférence : « l’un des principaux enjeux de notre filière demeure le renouvellement de nos publics, en aidant à la construction d’une cinéphilie auprès des plus jeunes spectateurs ». Et maintenant, place à ce qui sera, sans nul doute, une grande année de cinéma !
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