Le 8 mars 2026
- Scénariste : Philippe Pelaez>
- Dessinateur : Alexis Chabert
- Genre : Polar
- Editeur : Grand Angle
- Famille : BD Franco-belge
- Date de sortie : 25 mars 2026
- Durée : 3
Après Automne en baie de Somme et Hiver à l’opéra, Philippe Pelaez écrit le scénario de ce troisième tome. Alexis Chabert dessine cette série assurant également les couleurs directes à l’aquarelle. Un nouvel opus qui n’épargne pas les malheurs à son protagoniste.
Résumé : {Printemps à la Charité} nous amène en mai 1897. Une jeune femme aux longs cheveux blancs marche dans une grande verrière abandonnée. Alors qu’au muséum d’histoire naturelle de Paris, un homme fuit, pourchassé par quelque chose qui l’effraie. Dans la panique, il bascule par-dessus une balustrade et s’écrase lourdement plusieurs mètres plus bas. Une nouvelle enquête au goût d’étrange pour l’inspecteur Amaury Broyan...
Critique : L’inspecteur Broyan est en bien mauvais état. Secondé par l’inspecteur Tissot, les deux collègues se retrouvent chacun chargé d’une enquête qui, comme souvent dans la série, croise des personnages et des événements bien réels de la Belle Époque. Dans ce tome, entre autres, c’est l’incendie du bazar de la Charité qui est à l’honneur. Mais au-delà du fait divers, Philippe Pelaez explore différentes parties de la grande et petite histoire : l’arrivée de l’opium, le cinématographe de Méliès... Et on ne va pas tout vous révéler non plus.
Mais une lecture attentive vous permet de voir les points de croisement et d’en apprendre plus sur cette période, tout en parcourant cette histoire fictive.
Notre seul regret, c’est que le pauvre Broyan n’a pas de chance, il ne devine pas (ou alors, ne veut pas deviner, la réalité étant trop dure à affronter parfois, surtout après tous les coups encaissés dans les deux tomes précédents) ce que nous pressentons au début de la lecture sur le rouage de l’intrigue qui se met en place. Mais il faut dire que la consommation d’opium n’aide pas l’inspecteur Broyan à rester clairvoyant.
Ce troisième tome ne joue pas sur le jeu de qui est le coupable, mais plutôt sur l’idée de comment tout cela va-t-il se résoudre, que fera Broyan quand il faudra affronter la vérité...En tout cas, le printemps n’apporte pas de repos à l’enquêteur et on imagine le piteux état dans lequel il sera pour le prochain tome de cette série. Malgré les malheurs d’Amaury Broyan, demeure toujours un plaisir certain à lire cette BD grâce au travail d’écriture et notamment au jeu sur les phrases répétées, sonnant comme des poèmes dans certains des cartons égrenant l’avancée de l’enquête. Le vocabulaire choisi nourrit encore plus cette sensation. De même, chaque chapitre est introduit par des vers extraits de poèmes d’artistes célèbres, de Rimbaud à Baudelaire en passant par Hugo. Dès la première page, on replonge dans cet univers porté par la magie des mots de Philippe Pelaez, mais tout autant par la grâce du dessin d’Alexis Chabert.
© Philippe Pelaez, Alexis Chabert / Grand Angle
Alexis Chabert continue son exploration de la couleur directe. L’encrage noir bien appuyé permet de délimiter les personnages des décors environnants. Cet effet est accentué, car les contours de ces décors ou des personnages secondaires dans la case, sont assurés dans une couleur moins marquée que le noir, correspondant souvent à la teinte clé du décor ou à du sépia pour les personnages. Ensuite, le dessinateur répand non des aplats, mais des touches d’aquarelles amenant des variétés, de la texture à la case. Ces touches sont parfois légères et parfois appuyées. Alexis Chabert parvient à parfaitement délimiter ces zones de couleur et aussi à les mêler savamment pour créer des ombres d’arbres qu’on ne voit pas, pour faire sentir la lumière sur les visages. De temps en temps, les notions de contour s’estompent et les murs derrière semblent n’exister que par la lumière du soleil qui les éclaire, sous forme de nuance de couleur, toujours lisible.
À côté de cela, Alexis Chabert offre aussi de belles compositions de planches, rompant le rythme de lecture avec des dessins s’entremêlant, s’affranchissant des cases, avec des effets de décorations qui font sens avec l’intrigue. Et le dessinateur nous offre un magnifique jeu de pistes. À la fin du recueil, les œuvres l’ayant inspiré sont présentées au lecteur. Libre alors à chacun d’aller voir sur internet et de retrouver comment elles sont utilisées dans la BD. Une deuxième lecture qui ravira les passionnés de peinture et d’arts graphiques, les curieux et bien sûr tous les joueurs.
Printemps à la Charité nous entraîne avec délice au cœur de la Belle Époque pour une nouvelle enquête, avec cette BD aux textes ciselés et au dessin onirique. On attend l’épilogue de cette quadrilogie avec beaucoup de plaisir et d’impatience.
72 pages – 17,90 €
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